Légal Mis à jour le 28 août 2026 · 9 min

Fin de Bloctel en 2026 : quelles règles pour la prospection téléphonique B2B ?

Bloctel a pris fin le 11 août 2026. Le démarchage des consommateurs repose désormais sur leur consentement préalable, tandis que la prospection entre professionnels conserve un régime distinct. Voici les règles à appliquer.

À retenir : le service Bloctel a officiellement pris fin le 11 août 2026. Il n’y a donc plus de fichier Bloctel à interroger. Consultez l’annonce officielle de fin du service et les règles publiées par la DGCCRF.

Ce qui a changé le 11 août 2026

L’ancien régime reposait sur une liste d’opposition : un consommateur devait s’inscrire sur Bloctel pour refuser certains appels. Il est remplacé par un régime d’opt-in : pour démarcher un consommateur par téléphone, l’entreprise doit en principe avoir recueilli son consentement au préalable.

Pour un consommateur, ce consentement doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable. Sa durée de validité ne peut pas dépasser un an et sa preuve doit être conservée au moins trois ans. Les principales exceptions commerciales concernent un contrat en cours lorsque l’appel est lié à ce contrat, ainsi que la fourniture de journaux, périodiques ou magazines.

La prospection téléphonique B2B reste-t-elle possible ?

Oui, sous conditions. La CNIL distingue la prospection vers les consommateurs de celle adressée aux professionnels. En B2B, l’intérêt légitime peut fonder un appel lorsque l’offre est en rapport avec la profession de la personne contactée.

La personne doit avoir été informée de l’utilisation de son numéro à des fins de prospection et pouvoir s’y opposer simplement et gratuitement. Cette exigence vaut aussi lorsque les coordonnées viennent d’un fournisseur ou d’une source publique. La fiche de la CNIL sur la prospection téléphonique détaille cette distinction B2C/B2B.

Comment respecter la réglementation en B2B

1. Qualifier la cible et la finalité

Avant l’appel, vérifiez que le contact agit bien dans un cadre professionnel et que votre offre a un lien raisonnable avec son métier ou sa fonction. Si la sollicitation vise sa vie privée, appliquez le régime B2C et exigez un consentement préalable valable.

2. Informer sur l’usage du numéro

Votre fichier doit permettre de démontrer l’origine des coordonnées et l’information donnée au contact. Lorsqu’un tiers vous fournit les numéros, vérifiez contractuellement la source, la finalité de collecte et la possibilité d’exercer le droit d’opposition.

3. S’identifier dès le début

Dès le début de l’appel, votre commercial doit :

4. Tenir un registre d’opposition interne

Si une personne vous demande de ne plus être appelée, vous devez :

5. Adopter des créneaux raisonnables

Les plages de 10h à 13h et de 14h à 20h, la limite de quatre appels en trente jours et l’interdiction les week-ends et jours fériés sont présentées par la DGCCRF pour les consommateurs. Ne les présentez pas comme une règle juridique générale du B2B, mais utilisez des horaires professionnels raisonnables et cessez immédiatement les appels en cas d’opposition.

Sanctions en cas de non-respect

SituationRisque principal
Démarchage illicite d’un consommateurJusqu’à 75 000 € par appel pour une personne physique et 375 000 € par appel pour une personne morale, selon la DGCCRF
Absence de preuve du consentement B2CImpossibilité de justifier la licéité de la campagne lors d’un contrôle
Opposition non respectée ou information insuffisanteRisque de contrôle et de sanction au titre du RGPD

Les sanctions B2C ne doivent pas être transposées automatiquement à chaque appel B2B. En revanche, les obligations d’information, de pertinence de la sollicitation et de respect de l’opposition restent essentielles pour une campagne professionnelle conforme.

Cas pratique : prospecter des artisans et commerçants

Vous vendez un logiciel de devis à des artisans du BTP. Le numéro peut appartenir directement au dirigeant. Voici la marche à suivre :

  1. Documentez la source du numéro et vérifiez que son usage pour la prospection a été porté à la connaissance du contact.
  2. Reliez clairement l’offre à l’activité : ici, un outil de devis pour un professionnel du bâtiment.
  3. Présentez votre identité et l’objet commercial dès le début de l’appel.
  4. Tracez tout refus dans une liste d’opposition interne consultée avant chaque campagne.

Bonnes alternatives au cold calling pur

Le téléphone reste efficace en B2B, mais en 2026 on combine de plus en plus avec d’autres canaux moins contraignants :

Voir aussi notre comparatif email vs LinkedIn pour la prospection B2B.

Ressources utiles pour rester en conformité

Questions fréquentes

Faut-il encore vérifier un fichier auprès de Bloctel ?

Non. Le service Bloctel a pris fin le 11 août 2026. Pour les consommateurs, il est remplacé par un régime de consentement préalable. Pour les professionnels, il faut notamment documenter la source des données, informer les personnes et respecter leur droit d’opposition.

Le consentement préalable est-il obligatoire pour appeler un professionnel ?

Pas dans le cas général d’une prospection B2B pertinente. Selon la CNIL, l’intérêt légitime peut être utilisé lorsque l’offre est liée à la profession du destinataire. Celui-ci doit être informé et pouvoir s’opposer simplement et gratuitement.

Que faire si un prospect me demande de ne plus l’appeler ?

Vous devez l’ajouter immédiatement à votre liste d’opposition interne, et vous engager à ne plus le contacter. Cette liste doit être conservée 3 ans et vérifiée avant chaque nouvelle campagne. Le non-respect d’une opposition expresse est sanctionné par la CNIL.

Que demander à un fournisseur de fichiers téléphoniques ?

Demandez la provenance des numéros, la date de collecte ou de mise à jour, la finalité déclarée, la preuve que les personnes ont été informées et le mécanisme permettant de transmettre puis respecter les oppositions. Pour des contacts B2C, demandez aussi la preuve d’un consentement préalable valable.

La limite de quatre appels en trente jours s’applique-t-elle au B2B ?

La DGCCRF présente cette limite dans le régime applicable aux consommateurs. Ne la présentez pas comme une règle générale de la prospection B2B. Dans tous les cas, limitez la pression commerciale et cessez immédiatement les appels lorsque le professionnel s’y oppose.

Comment traiter un numéro utilisé à la fois à titre privé et professionnel ?

Ne vous fiez pas uniquement au fait qu’il s’agit d’un fixe ou d’un mobile. Vérifiez le contexte de collecte, la qualité professionnelle de la personne et le lien entre l’offre et son activité. Si la sollicitation vise la personne comme consommateur, le consentement préalable est requis.

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